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A.E.S.G

UFR de Medecine et Pharmacie

Domaine de la Merci

38 700 La Tronche

ATTENTION : Il nexiste pas de faculté d'odontologie a Grenoble, les études chirurgie dentaire se déroulent a LYON.

Les études de chirurgie dentaire sont divisées en 3 cycles. Chaque cycle dure entre 1 et 4 ans. Il faut compter au minimum 6 ans d'études et jusqu'à 9 ans pour ceux qui veulent se spécialiser davantage. À la fin de ses études, l’étudiant obtient un Diplôme d’État de docteur en chirurgie dentaire, obligatoire pour exercer.

Le cursus de chirurgie dentaire commence avec la PACES, dont le fonctionnement a été décrit plus haut.

 

Le 1er cycle : 2ème et 3ème année d’odontologie – Les bases des soins dentaires

Le programme porte sur les connaissances fondamentales nécessaires à la prévention, au diagnostic et au traitement des maladies de la bouche, des dents et des mâchoires (anatomie de la dent, de la tête et du cou, structure et pathologies infectieuses de la dent, reconstitution et remplacements des dents et physiologie de la cavité buccale). D’autres enseignements de santé plus généraux sont dispensés, comme la santé publique, l’hygiène et la prévention ou l’imagerie médicale.

Les étudiants suivent des travaux pratiques de simulation. Cela leur permet de développer leurs compétences manuelles, d’apprendre à maîtriser les soins sur tous types dents et de remplacer ces dents par des prothèses. Ils apprendront par exemple à réaliser une pose d’implant dentaire, à poser un bridge ou une couronne… L’étudiant devra faire l’acquisition d’une trousse dentaire (dents en ivoirine, kits de fraises, etc.) qui lui servira pendant toute la scolarité.

Les étudiants effectueront également un stage infirmier afin de s'initier aux techniques de soins et aux premiers secours, et de découvrir le fonctionnement d'une équipe médicale.

En fin de 3e année, les étudiants obtiennent le Diplôme de Formation Générale en Sciences Odontologiques (DFGSO), reconnu au niveau licence.

 

Le 2ème cycle : 4ème et 5ème année d’odontologie - Le métier en conditions réelles

À partir de la 4ème année, la professionnalisation du futur chirurgien-dentiste commence.

Les enseignements fondamentaux sont approfondis. De nouvelles matières sont au programme comme la santé publique dentaire, l’odontologie légale et l’anesthésiologie. Quelques TP permettent à l’étudiant de s’entraîner à la dissection sur supports synthétiques ou logiciels, à la réalisation d’appareils d’orthodontie, etc.

La moitié du temps de formation se déroule en stages. Ces derniers sont effectués pour la plupart dans des centre de soins ou dans des services d’odontologie du CHU (centre hospitalier universitaire) partenaire de l’université. Ces stages sont d’environ 20 heures par semaine et sont rémunérés.

En fin de 5ème année, les étudiants obtiennent le Diplôme de Formation Approfondie en Sciences Odontologiques (DFSAO), reconnu au niveau master.

Le 3ème cycle d’odontologie : cycle court ou internat

Durant le 3ème cycle, l’étudiant a deux possibilités : le cycle court, qui dure 1 an, ou l’internat qui dure 3 ans.

Le cycle court dure 1 an et prépare l’étudiant au métier de chirurgien-dentiste. Environ 90 % des étudiants rejoignent ce cycle.

L’internat (ou cycle long) s’effectue (comme son nom l’indique) en internat et permet d’obtenir un titre de spécialiste. Le cycle long est accessible sur concours national et le nombre de places disponibles est restreint. En fonction de leur classement, Les internes ont le choix entre 3 spécialités :

- Chirurgie orale : Créée en 2011, cette « jeune » spécialité chirurgicale a la particularité de pouvoir être exercée par des médecins ET des chirurgiens-dentistes. Elle consiste principalement à prendre charge les affections des mâchoires et des tissus attenants. Elle regroupe des activités variées comme l’implantologie orale, la chirurgie des mâchoires, le traitement des pathologies salivaires et bien d’autres. Elle demande 4 années d’études.

- Orthodontie : C’est la partie de la chirurgie dentaire qui traite la difformité et le mauvais positionnement des dents. 3 années d’études supplémentaires sont nécessaires.

 

- Médecine bucco-dentaire : elle demande 3 années d’études. Cette spécialité étudie et traite l’ensemble des maladies de la cavité buccale. Elle permet notamment la prise en charge de patients à risque ou porteurs d’une ou plusieurs pathologie(s) lourde(s), le diagnostic de pathologies bucco-dentaires et la gestion de conséquences de pathologies générales sur le plan oro-facial.

 

Le Diplôme d’Etat (DE) de chirurgien-dentiste est délivré au terme de ce 3ème cycle. Pour l’obtenir, les étudiants doivent valider les enseignements et les stages, et soutenir une thèse.

Témoignages

Pourquoi avoir choisi la odontologie ?

Depuis le collège, je voulais faire un métier dans la santé qui me permettrait de prendre soin des gens. Lors de ma 2e PACES, j’ai choisi de présenter médecine et dentaire, deux filières qui m’attiraient beaucoup. Lors des résultats provisoires à l’issue du 2d semestre, j’étais ADAC en médecine et sur LC en odontologie. Ayant la chance de pouvoir choisir, j’ai beaucoup hésité. Dans ma famille, j’ai plusieurs dentistes qui, par leur témoignage, m’ont permis de porter un regard nouveau sur la profession. On peut, dans l’inconscient collectif, avoir une image d’un dentiste qui fait souffrir, qu’on ne comprend pas toujours, qui est cher et qui ne pratique pas réellement de la « vraie » médecine mais davantage de l’esthétique. De plus, la zone restreinte de la bouche est souvent associée au dégoût et ne porte pas une image reluisante…

 

Temps mort. En réalité, l’odontologie, ce n’est pas (que ;-)) ça. J’ai choisi dentaire car c’est à la fois un métier théorique, où l’on conçoit des plans de traitements en fonction de chaque patient, et pratique, car on les réalise ensuite en bouche (le terme de chirurgien-dentiste n’est pas usurpé). Pouvoir appliquer concrètement et dans un délai relativement court les soins prévus est pour moi très satisfaisant : face au problème du patient que l’on reçoit, on peut agir directement et lui apporter une solution qui va le soulager et lui redonner le sourire. Cet équilibre entre effort intellectuel et application chirurgicale entièrement supervisé par le praticien me plaît.

 

On peut aussi noter qu’en choisissant dentaire dès la PACES, vous avez la garantie de finir au moins dentiste omnipraticien (6 ans d’études) à la fin. Cela est – je crois – aussi valable pour maïeutique et pharmacie. En revanche, pour médecine, on garde une petite incertitude quant à la spécialité qu’on obtiendra pour l’internat. Si un étudiant veut absolument radiologie, et qu’il n’a pas un assez bon classement, il n’aura pas la spécialité de son choix. En dentaire, vous avez une certaine sécurité (mais encore faut-il vouloir faire dentaire). C’est plus limité au départ mais offre la certitude de l’exercice définitif ensuite. Cela implique que les enseignements sont plus ciblés dès la 2e année, avec de la théorie dentaire et médicale (plus générale) et de la pratique en TP (j’y reviendrai). On commence à apprendre les bases de notre futur métier.

 

En choisissant odontologie, vous serez bien placés pour trouver du travail, comme le reste des professions de santé dont la population aura toujours besoin. Environ 9 dentistes sur 10 ont un exercice libéral en cabinet ce qui leur permet une certaine autonomie et indépendance : liberté de choix thérapeutiques, horaires modulables, tout comme les vacances, gestion de la planification des journées de travail.... Ça reste néanmoins une petite entreprise à gérer, avec les inconvénients qui vont avec (gestion de stocks, contrat de travail avec le personnel, comptabilité, entretien des appareils…). La qualité de vie est en général très bonne, avec une rémunération confortable.

 

Les études sont en général un peu plus courtes que médecine (6 à 9/10 ans), ce qui peut être un avantage, notamment pour les personnes en reconversion. Enfin, le relationnel est primordial : prise en charge des patients de A à Z, suivi sur plusieurs années, avec création d’une vraie entente entre les deux parties. Cela donne un sens à la dimension thérapeutique et surtout, garantit le contact humain si important en santé. 

 

L’odontologie est donc à mon sens un bon compromis par rapport aux études médicales : sûreté du métier définitif, apprentissage ciblé dès la 2e année, travail à la fois théorique et chirurgical dans sa propre structure avec suivi des patients et prise en charge pluridisciplinaire de leurs affections buccales.

 

Quel est ton rythme de travail ? As-tu des stages ?
Après la PACES, il y a un cycle théorique (2e et 3e année soit P2 et D1) et un cycle pratique, où l’on travaille sur des patients. Concernant le cycle théorique, il s’organise autour de 3 enseignements : cours magistral (CM), enseignement dirigé (ED) et travaux pratiques (TP).

 

Les CM sont en général non obligatoires, mais attention à ne pas trop en louper pour ne pas accumuler trop de retard (même s’il se rattrape… ou pas). Les ED, obligatoires, fonctionne un peu comme les tutos à Grenoble : on apprend au préalable un cours disponible sur une plateforme étudiante informatisée qui regroupe les cours (qui peuvent aussi être imprimés par l’association). Puis, lors de l’ED, on est évalué, soit par des QCM projetés sur grand écran auxquels on répond grâce à une zappette (un peu comme l’examen du code pour le permis), soit par des QROC. Puis, le reste de la séance, on discute du cours, le prof répond aux questions et approfondit ou introduit de nouvelles notions.

 

 Enfin, les TP peuvent prendre plusieurs formes. Il y a, en P2 et principalement, des TP de prothèse : empreinte à l’alginate, cires d’occlusion… ; des TP d’anatomie dentaire : dent sculptée dans un bloc de cire par retrait progressif puis dent créée par adjonction de cire ; des TP d’anatomie tête et cou : représenter sur un crâne les muscles, nerfs et artères avec de la cire et des fils ; des TP d’odontologie conservatrice (OC) : comment traiter des caries, c’est-à-dire creuser dans la dent d’une manière spécifique pour enlever la carie puis pour obturer ensuite avec un matériau qui va récréer le manque. Les TP d’OC sont réalisés sur des arcades dentaires artificielles avec des dents en résine, arcades que l’on peut fixer sur un mannequin ou « fantôme », ce qui simule les conditions d’exercice avec un vrai patient.

 

En D1, on a surtout un gros TP par semaine (une matinée de 4 h) où on pratique alternativement l’OCE (OC et endodontie, soit la dévitalisation de racine) et la prothèse, sur mannequin exclusivement, où l’on visse nos arcades. Une journée type n’est pas très chargée en horaires, souvent les présences à la fac sont plutôt légères (quelques heures en général, voire des journées entières sans cours). C’est le travail personnel lors de la préparation des ED et des révisions qui est plus conséquent.

 

Ainsi, en P2 comme en D1, une journée se compose de CM et/ou d’ED et des TP réguliers (surtout 1 fois/semaine en D1). Pour des exemples de matières théoriques, on peut citer en P2 l’OC, les biomatériaux, l’infectiologie, l’immunologie, la biologie du développement oro-facial, la physiologie oro-faciale, l’anatomie tête et cou, la neurophysiologie… En D1, on a de la prothèse, hématologie, oncologie, prévention des infections, parodontologie, pharmacologie…

 

Concernant les stages, jusqu’à maintenant, on a réalisé le stage infirmier d’un mois, commun en médecine, que l’on peut faire dans l’été suivant sa PACES ou l’été suivant sa P2. Le stage est à trouver soi-même. En plus, à la fin de la P2, on doit faire un stage de 50 h auprès d’un prothésiste/laboratoire de prothèse, très enrichissant pour mieux appréhender les impératifs techniques et les différentes étapes de réalisation de diverses prothèses (couronne, bridge, stellite…). D’autres stages sont prévus en 4e et 5e année, en structure hospitalière notamment. On doit aussi choisir, en P2 et D1, un enseignement complémentaire (UE de master 1, SAMU social…), et un des choix est un stage chez un praticien à trouver soi-même, qui s’avère très utile pour prendre conscience de la réalité pratique du métier et l’application concrète de la théorie apprise à la fac.

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ta filière ? 

Ce qui me plaît le plus dans ma filière et dans le métier de chirurgien-dentiste est l’indépendance en libéral, la bonne qualité de vie, le fait de pouvoir superviser de A à Z des traitements, de redonner le sourire aux gens (être à l’aise avec son sourire a un rôle social énorme et peut donner confiance en soi) et de les soulager de douleurs ou gênes souvent très mal tolérées et quotidiennes (manger, parler…).

Qu’est-ce que te plaît le moins ? 

En revanche, ce qui me plaît le moins est le stress pouvant être engendré par la nécessité d’une concentration constante sur de petits éléments avec des marges de manœuvres très étroites, de respecter un timing, et de la nécessité d’absorber le stress du patient, avec parfois la crainte de lui provoquer de l’inconfort et de lui faire mal. Les positions de travail ne sont pas toujours simples (douleur au dos, fatigue oculaire) et les patients peuvent ne pas être coopératifs, ne voulant pas vraiment s’impliquer dans le traitement, ou focalisés sur l’esthétique (rien ne sert de soigner une molaire qui de toute façon ne se verra pas…).

Ton meilleur souvenir jusqu’à présent ?

Mon meilleur souvenir jusqu’à présent, si on exclut le moment où l’on apprend que l’on a réussi la PACES (ce que je souhaite à tous), les soirées, les WE de promo et plus généralement le véritable début de la vie étudiante, c’est de réaliser qu’on a le sentiment d’appartenir à une vraie famille étudiante où on se serre les coudes. Sinon, je peux citer aussi la fois où, en TP, un prof m’a félicité pour ma préparation. Après de nombreux échecs et de la persévérance, j’étais content de voir que je commençais doucement à progresser.

 

Pour toi, quelles sont les qualités essentielles à avoir pour être un bon dentiste ?

Les qualités essentielles à avoir pour être un bon dentiste s’acquièrent, à mon sens, au fil des études. Il faut d’abord maîtriser l’aspect manuel et aimer la précision (travail sur de petits éléments pas toujours faciles d’accès). Pour le côté manuel, pour vous parler de mon cas, j’étais vraiment à la ramasse au début de P2 et, à vrai dire, et je galère toujours ! Mais, avec travail et répétition, et avec plus ou moins de temps (selon nos facilités au départ), on arrive à progresser et acquérir le bon geste (plus ou moins ;-)), et c’est très gratifiant quand on constate qu’on sait globalement faire et que les retours des profs sont positifs. 

 

Le relationnel est également extrêmement important, il faut être à l’écoute des patients, comprendre leurs attentes, leurs craintes, délivrer une information claire et surtout trouver le meilleur compromis. 

 

Quelques notions de gestion (cabinet libéral) et une relative forme physique (positions parfois inconfortables, et bras sollicités et en tension, comme les chirurgiens au bloc j’imagine) sont aussi utiles.

 

Quelques petits ajouts…

En dentaire, il y a l’AECDL (Association des Etudiants en Chirurgie Dentaire de Lyon) qui nous accompagne beaucoup à la fac et joue un rôle majeur dans l’acquisition du matériel (avec réductions), l’impression des polys, et bien sûr l’organisation des soirées… On peut en faire partie à partir de la D1.

 

 Actuellement, on parle d’une réforme de l’internat et du 3e cycle. Ça concerne environ 10 % des étudiants, mais plus d’options spécifiques seront proposées pour se spécialiser dans un domaine précis : parodontologie, endodontie…

 

Parmi les témoignages de dentistes que j’ai pu recueillir, une très faible minorité regrette leur choix à posteriori et beaucoup seraient prêt à refaire le même choix de métier. N’hésitez pas à vous renseigner et à discuter avec les dentistes que vous pouvez connaître.

 

Les soirées à Lyon valent le coup d’être vécues ! ;-) Plus sérieusement, quel que soit votre choix (car oui, il est très loin de n’y avoir que dentaire dans la vie), il faut voir la finalité des études et surtout, que cette vision de votre exercice futur au quotidien vous plaise. Force et honneur pour le 2d semestre ! :-D

Pourquoi avoir choisi odontologie ?

Je me suis dirigé vers ces études car je voulais être chirurgien, avoir des études courtes et pouvoir posséder mon propre cabinet.

 

Quel est ton rythme de travail ? As-tu des stages ?

Nous avons relativement peu d'heures de cours à la fac car il faut apprendre les cours avant chez soi, il y a pas mal de TP dès le début des etudes, la formation est de plus en plus pratique, jusqu'à l'arrivée au centre de soins en 4e année.

 

J'ai beaucoup de temps pour faire du sport, faire la fête et voir mes amis

Nous faisons des TP très réalistes et des stage chez les praticiens dès la première semaine de P2. Les études sont concrètes et nous voyons très rapidement la réalité du métier.

La troisième année est la dernière année avant le centre de soins où nous serons seul avec le patient, nos cours et TP sont donc très orientés "clinique" pour être prêt en septembre.

 

Nos études sont intéressantes, très pratiques, nous avons du temps pour nous. 

Elles deviennent néanmoins plus difficiles en 3e année et surtout à partir de la 4e année avec l'arrivée au centre de soins.

La 2e année est plutôt facile, mais la pression augmente rapidement par la suite.

 

Pour toi, quelles sont les qualités essentielles à avoir pour être un bon dentiste ?

Le chirurgien dentiste doit être habile de ses mains, car les gestes sont très techniques. Comme tous les professionnels de santé, il faut faire preuve d'empathie envers les patients, le relationnel est très important, car beaucoup de patients sont anxieux avant et pendant les interventions et soins dentaires.

 

 

Pourquoi avez-vous choisi odontologie ?

Je n'ai pas vraiment choisi......

Je voulais faire médecine et non dentaire. j'ai fini 177ème sur 900 pour ma première P1, et 111ème pour ma deuxième P1.

Il y avait 89 places en médecine à Grenoble et 15 en dentaire à Lyon.

Par le jeu des désistements, j'étais premier sur liste d'attente pour dentaire lors de ma 2ème P1; donc c'était cuit pour médecine....

Grosse déception à avaler; en attendant le désistement éventuel, j'ai passé une demie journée avec un orthodontiste, et une journée avec un dentiste dans leurs cabinets; le dentiste m'a convaincu qu'un dentiste était un vrai soignant (mon "obsession" était de soigner des gens), et que je pourrai axer ma pratique en fonction de mes préférences (chirurgie, enfants, cours éventuels à la fac,etc...)

Ma vraie vocation était celle d'être soignant; et malgré ma déception de rater médecine, je suis aujourd'hui 100% épanoui dans ce côté soignant, que j'ai choisi de développer encore d'une autre façon avec Solident, en soignant gratuitement les personnes loin du soin.

 

Comment se déroulent vos journées globalement ? En tant que dentiste libéral et en tant que dentiste solidaire ? 

Les dentistes travaillent en moyenne 4 jours par semaine, entre 9 et 11 heures par jour, le 5ème jour étant le jour "administratif", ou le jour de repos.

Pour ma part, voici ma semaine et mes jours:

  • lundi: je suis à Solident le matin pour les soins; j'en profite pour être et discuter avec Boris et Sandrine, parler du quotidien de Solident, des demandes diverses et variées, des projets en cours, etc.... Le lundi midi, j'ai souvent des rdv pour Solident sous forme de déjeuner (soit avec Boris, soit des gens de la métro, soit conseil de l'ordre, etc...). L'après midi, soit je fais encore du  Solident, soit je vais à mon cabinet pour gérer de l'administratif, des fournisseurs (radios, matériel, etc...), soit je peux programmer mes rdv perso (banque, médecin, etc....), soit j'ai quelques heures dispo, avant de m'occuper de mes enfants à la sortie de l'école. Je dois tout caler le lundi car après, c'est sous- marin le reste de la semaine.......

  • mardi au vendredi: patients au cabinet! La demande est très importante (nous ne sommes pas assez de dentistes en France); je vois entre 20 et 28 patients par jour en fonction des urgences; j'arrive au cabinet entre 7h45 et 8h, premiers patients à 8h45 ou 9h (avant c'est débrif avec mon assistante, courrier, comptes, répondre aux mails, appeler les fournisseurs quand tout déconne.....), puis on enchaine. Soit j'ai un peu de temps le midi pour déjeuner avec des amis (ou pour rencontrer des gens pour Solident), ou pour faire un footing. Le mercredi matin est dédié à la chirurgie (implants).

  • Solident est présent dans mon quotidien même si je ne fais les soins que le lundi: je suis toujours sur plusieurs dossiers (réseau santé précarité, lien avec les autres assos, demandes des bénévoles, des salariés, etc...), je dois donc gérer ça un peu tout le temps le reste de la semaine, mais j'y arrive entre les rdv patients ou le soir.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre filière ? 

Ce qui me plaît, c'est de soigner des gens (même si c'est assez usant avec le temps, car tu soignes des dents mais surtout des patients, avec leurs problématiques personnelles et psychologiques....).

Je me plais à progresser un peu tous les jours, que ce soit techniquement, ou dans l'approche des patients, des assistantes,etc...

Les dentistes ont un plateau technique (= tout notre matos) très "technique", justement. Beaucoup de matériel, très onéreux, donc il y a un vrai côté "chef d'entreprise"  pour faire les bons choix d'investissement, et voir les progrès technologiques (radios 3D, scanner, caméras optiques, laser,etc...), qui donnent encore un peu plus d'intérêt que le seul côté "soignant".

Qu’est-ce qui vous plaît le moins ? 

Ce qui me plaît le moins est très personnel, mais c'est le rapport à l'argent: les dentistes gagnent très bien leur vie, mais il y a un vrai rapport financier avec les patients, pour qui certains plans de traitement coûtent très cher, et qui ont donc du mal à assumer les soins à prévoir; et c'est un vrai crève-coeur de devoir faire des compromis sur la santé et les besoins des patients pour des raisons financières.

Votre meilleur souvenir jusqu’à présent ?

Mon meilleur souvenir .... : il n'y en a pas qu'un évidemment. Mon plus grand plaisir, c'est quand les patients partent en disant "merci ,vous êtes très gentils, je n'ai pas du tout eu mal, et je n'aurai plus peur la prochaine fois"

Ou "grâce à vous, je peux remanger ce que je veux, remordre dans du pain et du saucisson"

Ou quand tu rends un sourire global à une personne qui ne souriait plus depuis longtemps....

 

Pour vous, quelles sont les qualités essentielles à avoir pour être un bon dentiste ?

Empathie

Ecoute

Pédagogie

Patience

Se mettre à la place du patient

 

Vous avez créé Solident en 2015, quelles sont les principales actions de cette association ?

Solident fait des soins dentaires gratuits aux personnes qui n'ont pas de couverture sociale, 3 matinées par semaine.

On propose de ce fait là une solution pour soulager les patients qui souffrent et n'ont pas accès à des soins dentaires, mais aussi aux travailleurs sociaux qui gèrent du public en grande précarité.

Nous faisons également de la prévention pour les personnes en grande précarité, dans des accueils de jour, dans des foyers.

Nous avons créé un réseau santé précarité qui se met doucement en place, avec pour objectif la connaissance des partenaires sociaux et médico-sociaux par le secteur médical,  la construction d’un plaidoyer vis-à-vis des difficultés du public en précarité et la sensibilisation du secteur médical aux problématiques du public précaire.

Et de plus en plus, nous essayons d'être un partenaire des politiques, des services publics de la santé, pour faire remonter les infos de terrain et contribuer à améliorer les dispositifs qui nous semblent imparfaits ou peu efficaces.

Plus d'informations sur : http://solident38.com 

 

Autre chose à rajouter ?

Plein! Mais ce serait trop long....

Pour revenir à la question initiale, je rêvais d'être médecin depuis tout petit; j'ai vécu difficilement l'échec de ma P1 car mon rêve disparaissait....

Mais en choisissant d'aller dentaire, j'ai trouvé mon compte en tant que soignant, en tant qu'entrepreneur, en tant que "social-libéral" (je peux choisir de faire du social avec mes patients ou en créant Solident car je suis mon propre patron, que personne ne me dicte une conduite à tenir, car je suis libéral....)

Aujourd'hui, à 41 ans, le temps a déjà passé, mais je m'éclate dans ce que je fais, je me sens bien plus à l'aise qu'à mes débuts, je passe mes journées à soigner des gens, à prendre soin d'eux et de leur santé, et en ça j'ai vraiment réalisé mon rêve.

Donc la synthèse philosophique, c'est que même après un échec, il peut y avoir des nouvelles orientations très épanouissantes.

Que rien n'est écrit à l'avance, et que c'est chacun d'entre nous qui écrit sa propre histoire avec sa personnalité, ses valeurs, et ses rencontres....

Merci à eux ♡