Tout d’abord, qu’est-ce que la maïeutique ? C’est « l’art de l’accouchement », art exercé essentiellement par les sages-femmes ! La femme sage-femme ou l’homme sage-femme est un(e) spécialiste des grossesses normales. Il ou elle suit les femmes enceintes dont il ou elle a la charge, depuis le diagnostic de la grossesse jusqu’au jour de l’accouchement. Au fil des mois, il ou elle anime des séances de préparation à la naissance, prescrit et effectue tous les examens nécessaires. C’est le maïeuticien ou la maïeuticienne qui pose le diagnostic du début du travail et qui supervise le déroulement de l’accouchement.

Pour devenir maïeuticien(ne), il faut compter 5 ans d’études (PACES incluse), organisés en 2 cycles. A la fin de son cursus, l’étudiant(e) obtient le Diplôme d’État de sage-femme, obligatoire pour exercer.

Bien que ce soit un milieu essentiellement féminin, les études de maïeutiques sont tout autant ouvertes aux filles qu’aux garçons. 

 

La 1ère année d’études correspond à la PACES.

 

2ème et 3ème années de maïeutique - Les bases théoriques

Ce 1er cycle se concentre sur les apports théoriques. L’étudiant suit des matières générales (comme l’anatomie, santé publique, pharmacologie…) et des enseignements spécifiques qui comprennent notamment la gynécologie, l’obstétrique, la maïeutique ou encore la néonatalogie.

Les étudiants suivent aussi des stages courts tout au long de ces 2 années. Ces stages sont consacrés au suivi de la grossesse et de l’accouchement, au suivi post-natal et au suivi gynécologique.

En fin de 3e année, les étudiants obtiennent le Diplôme de Formation Générale en Sciences Maïeutiques (DFGSMA), reconnu au niveau licence.

4ème et 5ème années de maïeutique - Vers une professionnalisation de l’étudiant

Apportant une formation approfondie en sciences maïeutiques, les enseignements complètent ceux du 1er cycle.

Les étudiants sont de plus en plus sur le terrain et pratiquent de plus en plus. Ils devront effectuer 56 semaines de stage au total. Ils doivent notamment suivre un important stage clinique de 6 mois en 5ème année. L'objectif est d'apprendre à réaliser un accouchement sans complication, à animer une séance collective de préparation à la naissance, à mener une consultation de grossesse ou postnatale et à pratiquer la gynécologie de prévention.

En fin de 5ème année, les étudiants doivent valider les enseignements, les stages, le CSCT (certificat de synthèse clinique et thérapeutique) et soutenir un mémoire.

Si tout cela est réussi, l’étudiant reçoit le Diplôme d’État de sage-femme et le Diplôme de Formation Approfondie en Sciences Maïeutiques (DFASMA) qui est reconnu au grade de Master.

Le contenu de ces 2 années d’études peut être ajusté en fonction des choix de parcours de l’étudiant : exercice en libéral, dans la fonction publique hospitalière, ou encore en laboratoire.

De plus les étudiants peuvent, en parallèle ou à la fin de leur formation, suivre un Master ou un Diplôme Universitaire. Ces formations apportent une spécialisation supplémentaire, et peuvent faciliter l'insertion ou les évolutions de carrière, notamment vers la recherche, l’enseignement ou un poste d’encadrement.

Témoignages

Pourquoi avoir choisi la maïeutique ?

J'ai découvert le métier essentiellement via le livre "Bienvenue au monde", dans lequel une sage-femme raconte ses expériences. Je me suis dit que c'était un métier génial, très humain, avec parfois pas mal d'adrénaline ;). J'ai toujours été intéressée par la santé des femmes et des enfants, j'aimais beaucoup les cours d'HBDD qui parlaient de reproduction, de fertilité etc ... Je pense que j'avais une certaine fascination pour cette étape de "création de la vie", et je voulais probablement en être témoin moi même. Aussi, je ne me voyais pas entreprendre de très longues et fatiguantes études pour devenir médecin, les 5 années de sage-femme me paraissaient amplement suffisantes.

 

Comment se déroulent tes journées globalement ? Comment se passent les gardes ?

Nos cours sont soit sur DVD, soit en présentiel à l'IFPS. Le plus souvent j'ai cours de 8h à 18h, tous les jours (mais en deuxième année c'est moins, je vous rassure). Nous sommes 40 par promo, donc l'ambiance est très bonne, on se connait toutes et tous et on s'apprécie.

Pour les gardes, je suis en 12h, et j'effectue entre 2 et 4 gardes par semaine. Les stages se déroulent un peu partout dans la région et durent un mois en général. C'est fatiguant mais très gratifiant et j'apprends plein de choses ! Et ce, dès la deuxième année ;).

 

Qu’est-ce qui te plaît le plus ? 

Ce qui me plaît le plus c'est la complicité entre les personnes de ma promo, et celle qu'on peut rencontrer en stage avec les sage-femmes et les couples, le personnel enseignant qui est adorable et très à l'écoute, le côté profondément humain et gratifiant.

Qu’est-ce qui te plaît le moins ? 

Ce qui me plaît le moins, c'est la fatigue liée aux stages et au cours qui sont très intenses, le rythme est effréné en troisième année (mais en deuxième beaucoup moins XD).

Ton meilleur souvenir jusqu’à présent ?

Mon meilleur souvenir est celui de mon premier accouchement seule, je n'avais jamais été trop émue jusqu'à maintenant, mais lorsque c'est moi qui ai sorti le bébé et l'ai donné à sa mère ça m'a fait quelque chose  (même couverte de liquide amniotique ^^). J'étais très fière de moi car j'ai réussi à tout faire seule, ça m'a donné confiance en moi. Globalement, mes meilleurs souvenirs sont lorsque les parents me remercient pour ma gentillesse et mon écoute. Il n'y a pas plus gratifiant.

 

Pour toi, quelles sont les qualités essentielles à avoir pour être un bon sage-femme ?

Je pense qu'il faut avoir une immense empathie, beaucoup de douceur et de gentillesse, et être à l'écoute. 

 

Autre chose à rajouter ?

Les études de maïeutique sont très gratifiantes et intéressantes, car on a des stages dès la deuxième année, ce ne sont pas que des cours théoriques. L'obstétrique et la gynécologie sont des matières passionnantes, et on n'est jamais à cours de surprises !

Pourquoi avoir choisi maïeutique ?

Il y a eu bien sûr le classement des concours et aussi la possibilité de rester dans une profession médicale. Mais 20 ans, quand on réussit le concours, sait-on vraiment définir une profession dans toutes ses subtilités, ses atouts et ses contraintes ? Pour ma part, je l'ai découverte au fil des stages et des années

 

 

Comment se déroulent vos journées globalement ? Quel est le rythme de vie ?

Je n'ai quasiment pas exercé en maternité après le diplôme ; dès les études, au fil des stages et des rencontres, j'ai été attirée par le libéral pour avoir un lien avec les patientes sur une plus longue période. Dans le milieu des années 90, quand j'ai débuté, l'activité libérale était moins variée qu'aujourd'hui :

nous faisions de la préparation à la naissance, de la rééducation périnéale, des visites à domicile avec monitoring pour le suivi des grossesses pathologiques. A cette époque peu de suivi de grossesses et pas encore de gynécologie.

Le domaine de compétence de la sage-femme en général et de la sage-femme libérale en particulier s'est considérablement étendu en 20 ans. Sont tout d'abord arrivés les suivis de grossesse, les accompagnements au retour à domicile en sortie de maternité (PRADO)  puis après la loi HPST de 2009 la compétence dans le suivi gynécologique, la contraception et enfin la réalisation des IVG médicamenteuses.

Pour rappel, les principaux statuts de la sage-femme sont les suivants 

1- titulaires de la fonction publique hospitalière

2- salariées du privé (cliniques)

3- libérales

4- fonction publique territoriale (PMI)

quelques autres statuts sont possibles en particulier pour les sages-femmes de centres de planification. Selon le statut du centre de planification : salariée d'une mairie, salariée d'une communauté de communes, salariée du Planning Familial (association) 

 

Il est possible d'avoir des données démographiques sur le site du Conseil National de l'Ordre des Sages-femmes : http://www.ordre-sages-femmes.fr/etre-sage-femme/donnees-demographiques-de-la-profession/ 

 

 

A  ce jour, en libéral, je travaille 5 jours par semaine avec 2 activités : la plus grande partie de mon temps est consacrée au cabinet (environ 30 heures par semaines). A cela s'ajoutent 11h en centre de planification. Je suis au cabinet de 7h30 à 18 ou 19h environ.  Après les horaires de consultation ou le week-end, peuvent s'ajouter des visites à domicile : monitorings pour grossesses patho ou PRADO en post partum.

Je ne réalise les IVG médicamenteuses que dans le cadre de mon activité au centre de planification car nous apportons dans ce lieu un accompagnement de bien meilleure qualité que celui que je pourrais apporter seule dans mon cabinet. En effet au CPEF, nous sommes une équipe pluridisciplinaire : médecin, sage-femme et Conseillère Conjugale et Familiale. Cela nous permet d'accompagner les femmes avec nos compétences complémentaires et avec beaucoup plus de temps pour chaque femme : en moyenne, nous voyons les femmes environ 4 heures pour les différentes étapes de leur IVG ; seule dans mon cabinet, ce serait très difficile de dégager autant de temps.

Globalement, je fais plus d'heures qu'en maternité mais j'ai plus de liberté pour organiser mon temps de travail, je ne travaille pas la nuit et, même si je travaille certains week-end, c'est 1 ou 2 visite le samedi et/ou le dimanche ce qui n'a rien avoir avec des gardes de 12h.

 

 

 

Qu’est-ce qui vous plaît le plus ? 

J'aime la grande variété des actes que je réalise ; j'aime le suivi (je vois certaines patientes depuis 25 ans). 

J'aime les suivis gynécologiques pour le travail que nous faisons avec les patientes afin de:

  • trouver la meilleure contraception pour chacune d’elles,

  • trouver une réponse enfin efficace à des dysménorrhées, 

  • les aider à réduire les effets indésirables de la ménopause, 

pour ne citer que ces quelques exemples.

 

J'aime aussi la grande variété des formations complémentaires : Thèses, DU, DIU ou autres que nous pouvons faire pour augmenter nos compétences : échographie, phytothérapie, acupuncture, homéopathie, haptonomie, hypnose, ostéopathie …  Ces formations surtout quand elles sont diplômantes sont très chronophages mais elles nous enrichissent énormément et nous permettent de ne jamais nous ennuyer dans notre pratique.

Qu’est-ce qui vous plaît le moins ? 

Ce que j'aime le moins : même si je ne regrette jamais le choix du libéral, la gestion des charges, l'absence de congés payés, c'est parfois lourd à gérer. Je suis une matheuse donc la comptabilité est un peu ludique pour moi mais cela peut rebuter d'autres sages-femmes.

Votre meilleur souvenir jusqu’à présent ?

Difficile de sélectionner 1 meilleur souvenir car il y en a beaucoup qui ont marqué mes 25 ans d'activité mais voilà quelques exemples en vrac 

Les Pink Floyd : an other brick in the Wall qui a accompagné une naissance

premier bébé né dans l'eau parce que trop pressé pour laisser Maman sortir de la baignoire et cette maman était juge aux affaires Familiales ; je l'ai revue 20 ans après et je l'ai immédiatement reconnue.

Plus gros cadeau qu'une maman m'ait offert après un accouchement : je n'avais pour ainsi dire rien fait lors de cette naissance, laissant la maman le plus souvent tranquille mais c'était son souhait et j'ai été remerciée de n'avoir rien fait !

Des petits mots de remerciement au dos d'un faire-part de naissance

 


Pour vous, quelles sont les qualités essentielles à avoir pour être un bon sage-femme ? 

Je pense que l'écoute est fondamentale pour accompagner nos patientes, on ne peut pas donner de réponse appropriée si on n'a pas saisi la demande de la patiente. 

  • Un examen gynécologique réalisé dans le respect de la femme et de ses limites sera le gage d'un suivi gynéco plus régulier dans la durée

  • Une contraception bien choisie sera le gage d'une meilleure observance

  • Une naissance bien vécue sera un élément non négligeable dans la qualité du lien parents-enfant qui s'établira au fil du temps

Merci à eux ♡

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A.E.S.G

UFR de Medecine et Pharmacie

Domaine de la Merci

38 700 La Tronche