Contrairement à certaines idées reçues, être pharmacien, ce n’est pas que vendre des médicaments derrière le comptoir d’une pharmacie de ville. En réalité, le métier de pharmacien regroupe des activités très diversifiées et offre de nombreuses perspectives de carrières. On peut exercer en officine au contact direct des patients, se spécialiser dans les analyses biologiques et travailler au sein de laboratoires, exercer dans l’industrie pharmaceutique ou à l’hôpital, ou encore se spécialiser dans la recherche et enseigner dans les facultés.

Les études de pharmacie durent entre 6 et 9 ans (PACES incluse) selon le cursus choisi. A la fin de ses études, l’étudiant obtient le Diplôme d’Etat de docteur en pharmacie, obligatoire pour exercer, ainsi que d’autres diplômes complémentaires.

 

La 1ère année d’étude correspond à la PACES.

1er cycle : 2ème et 3ème année de pharmacie – Le tronc commun

Durant ces 2 années, l’étudiant suit de nombreux cours théoriques et appliqués à la santé lui permettant d’acquérir un socle de connaissances (biochimie, biologie humaine et végétale, infectiologie…). Il réalise aussi des travaux pratiques pour apprendre à effectuer des tests et des manipulations.

Durant l’été entre la 2ème et la 3ème année, l’étudiant suit un stage professionnel de 4 semaines en officine. Il va ainsi découvrir la réalité du métier de pharmacien.

 

2ème cycle : 4ème et 5ème année – Le moment de choisir sa voie

Le 2ème cycle est particulièrement dense.

Le programme de cours, dans le prolongement du tronc commun, est très riche : chimie, sciences de la vie, sciences du médicament, étude des maladies (pneumologie, cardiologie…), prise en charge thérapeutique du patient, il y a de quoi s’occuper !

Pendant leur 4ème année, les étudiants vont devoir choisir leur spécialisation entre 3 filières possibles :

Officine, pour travailler en pharmacie

- Industrie/recherche, pour travailler dans l’industrie pharmaceutique ou en laboratoire de recherches

- Internat, pour travailler en pharmacie industrielle ou hospitalière, en biologie médicale ou en innovation pharmaceutique et recherche. Les étudiants désirant faire un Internat devront passer un concours d’entrée.

La plupart des étudiants voulant l’Internat tentent le concours dès la fin de la 4ème année : en effet, le concours porte sur le programme des 4 premières années. Par ailleurs, les fonctions d’interne sont à prendre un an après l’obtention du concours. C’est donc un gain de temps car l’étudiant peut entamer son Internat sitôt la 5ème année terminée.

Durant ces 2 années, l’étudiant doit effectuer un stage obligatoire de 7 à 15 jours de 7 à 15 jours pour consolider ses connaissances dans un domaine spécifique (cardio, système nerveux…)

La 5ème année s’organise de la même façon pour tous quelle que soit la filière choisie. Lors de sa 5ème année (dite « Année hospitalo-universitaire »), l’étudiant partage son temps entre stages à l’hôpital le matin et cours à la fac l’après-midi (ces cours étant spécifiques de la filière choisie).

A la fin des sa 5ème année, l’étudiant obtient un Diplôme de Formation Approfondie en Sciences Pharmaceutiques (DFASP), reconnu au grade de Master. Par la suite, l’étudiant a le choix entre un cycle court de 1 an ou cycle long de 4 ans.

 

3ème cycle : cycle court ou Internat

Comme dit précédemment, l’étudiant a le choix entre un cycle court de 1 an et l’Internat qui dure 4 ans.

Le cycle court de pharmacie générale dure 1 an. Cette 6ème année comporte des enseignements théoriques, un stage professionnel de 6 mois et la soutenance d’une thèse. Ce cycle court est surtout suivi par les étudiants se destinant à l’officine mais aussi par ceux voulant se diriger vers l’industrie (dans ce dernier cas, une formation complémentaire sera nécessaire).

Une fois la thèse soutenue, l’étudiant devient Docteur en Pharmacie et peut exercer pleinement sa profession.

 

Le cycle long ou Internat dure 4 ans. Durant celui-ci, les étudiants ont le choix, selon leur classement, entre plusieurs Diplômes d’Etudes Spécialisées (DES).

- DES de Biologie Médicale permet d’exercer dans les laboratoires d’analyses publics ou privés, indépendants ou en hôpital. On y exerce en tant que biologiste. Ce DES est aussi accessible aux étudiants en médecine.

- Le DES de Pharmacie qui comporte 2 options : Pharmacie Hospitalière ou Filière industrielle longue

- Le DES d’Innovation pharmaceutique et de Recherche pour faire de la recherche et/ou de l’enseignement.

Quel que soit le DES choisi, il faudra il faudra valider 8 stages semestriels à l’hôpital et soutenir un mémoire. A la fin, l’étudiant valide son DES, et par équivalence, le Diplôme d’Etat de Docteur en Pharmacie.

Témoignages

Pourquoi avoir choisi pharmacie ?

Alors j'ai choisi Pharma parce que ça allie deux domaines que j'affectionne: la santé et aussi la Chimie. En plus, la filière pharma a énormément de débouchés, tu peux travailler en industrie, à l'hôpital, faire de la recherche, travailler à l'officine,etc... . Je ne savais pas exactement ce que je voulais faire, et du coup la diversité des domaines d'exercices possibles me permet de trouver exactement le milieu où je veux exercer plus tard ;)

Quel est ton rythme de travail ?

A Grenoble, les cours magistraux sont (depuis ma promo) par dvd. Je bosse à la BU ou chez moi, j'essaie de prendre quelques notes en même temps que regarde le dvd. Après on a des EGGO, c'est comme les SEPI en PACES, on voit le prof, on lui pose des questions et lui revient sur les notions importantes.

On a aussi pas mal de TD et TP la semaines, donc au final nos journées sont pas mal remplies! Au delà de ça, il y a pas mal de cours à travailler, mais chacun bosse à son rythme et on a largement le temps de faire autre chose à côté ! (faire du sport, s’engager dans des assos, aller au bar).

Qu'est-ce qui te plait le moins ?

J’ai moins aimé les cours en deuxième année parce qu’ils sont très généraux, on ne voit aucun médicament.

Qu'est-ce qui te plait le plus ?
Ce qui me plait en 3è année, c’est qu’on apprend pas mal de pathologies et aussi les médicaments utilisés pour les traiter, on voit aussi comment ils agissent dans notre organisme et c’est super intéressant.

Ton meilleur souvenir ?

Je ne saurai pas dire ce qu’est mon meilleur souvenir (peut-être le fait de ne pas avoir de rattrapages en deuxième année haha). Non en vrai on passe pleins de super moments, parce que, au-delà des cours, on est amené à rencontrer énormément de nouvelles personnes (et on se fait pleins de nouveaux copains). L’ambiance est vraiment chouette.

Pour toi, quelles sont les qualités essentielles à avoir pour être un bon pharmacien ?
Pour moi, un bon pharmacien doit être empathique, à l’éécoute et avoir des connaissances.

 

Vive la fêté.

Pourquoi avoir choisi pharmacie ?

Après avoir fait, l’année suivant le baccalauréat, une classe préparatoire MPSI j’ai ressenti le besoin de me recentrer sur une formation plus concrète et plus à même de me rapprocher des hommes et des femmes. Pour toutes les personnes qui aiment les sciences, la démarche scientifique tout en souhaitant avoir un rôle concret auprès de leurs semblables trouveront, comme moi, cette synergie dans les études de santé !

La médecine demande de très nombreuses compétences et également une grande aisance avec le corps humain que celui-ci soit intègre ou non, animé ou non, et avec le contact physique auprès des patients. Cette dernière compétence je ne la possédais pas, les contacts physiques avec autrui me mettent mal à l’aise et la vue du sang, de la chair, m’incommode. La pharmacie s’offrait donc à moi comme une alternative de choix.

La pharmacie est cette filière très scientifique, très rigoureuse et qui nous donne la chance de travailler pour accompagner des patients au sein de le parcours de soins. 

La pharmacie est cette filière qui est à la croisée des chemins entre le chimiste, l’ingénieur, et le soignant. Elle permet de relier tous ces vastes domaines pour les mettre au profit de la santé des patients.

 

Comment se déroulent tes journées globalement ? Quel est le rythme de vie étudiante ?

Les études de pharmacie ont été réformées depuis mon passage. Lorsque j’ai fait mes premières années de pharmacie les cours étaient pour la majorité en présentiel (cours magistraux) et les partiels avaient lieu à la fin du semestre, une fois toutes les UE finies. Il me semble qu’aujourd’hui la majorité des cours se suivent en ligne avec des « SEPI » obligatoires et des partiels de mi-semestre. Il serait plus pertinent de poser la question à un actuel 2e ou 3e année pour avoir une vision plus juste du rythme actuel.

Globalement le rythme restait raisonnable et les partiels largement accessibles à quiconque ayant un minimum de motivation à réussir.

Qu’est-ce qui te plaît le plus ? 

Ce qui me plait le plus dans les études de pharmacie c’est la diversité et l’étendue des connaissances et compétences à acquérir et des métiers accessibles avec ce diplôme. 

Cette formation nous enseigne les sciences fondamentales et pratiques, les sciences sociales, l’économie et bien d’autre matières à travers, par exemple, des cours de chimie organique, de microbiologie, de botanique, de physiologie, de pathologie, de communication, de gestion, de biotechnologie, de science de l’ingénieur, de mathématiques, etc. 

Pour quiconque ayant soif de découvrir et d’approfondir de nombreux domaines de connaissance, les études de pharmacie sont un vrai plaisir.

Le diplôme de pharmacien ne constitue et ne présage en rien d’un métier. Ce diplôme vous permet de faire valoir vos compétences à travailler dans domaine pharmaceutique que cela soit en tant que commercial, juriste, ingénieur, chercheur, grossiste, praticien hospitalier, officinal, etc...

Qu’est-ce qui te plaît le moins ?

Ce qui me plait le moins est le manque de pratique. Cela est sans doute mené à changer dans les prochaines années mais les études de pharmacie consistent surtout en un vaste apprentissage théorique jonché de quelques semaines de stage peu instructifs en officine. Contrairement aux études de médecine où l’étudiant et très vite et très longtemps mis au contact des patients au seins des différents services hospitaliers, l’étudiant en pharmacie ne découvre le patient que durant un semestre lors de sa 5e année d’étude. Il en découle, selon moi, un manque d’aisance face à la maladie, un manque d’empathie face aux patients, un manque de compétences humaines et pratiques.

Pour toi, quelles sont les qualités essentielles à avoir pour être un bon pharmacien ?

Ce métier nécessite une multitude de qualités, et je présente là celle qui sont les plus importantes selon ma propre vision de que doit être un pharmacien.

La motivation à exercer ce métier. C’est la principale qualité nécessaire pour exercer n’importe quelle fonction et c’est pourtant ce qui manque cruellement chez la plupart des étudiants en pharmacie qui ne s’attendaient pas forcément à finir dans cette filière.

La volonté d’innover, de réformer et d’être un pionnier. Aujourd’hui plus que jamais la pharmacie se cherche. Elle ne sait pas réellement où est sa place dans le parcours de soin du patient, elle est tiraillée par l’ambivalence soignant / commerçant a sein des officines, elle cherche à se faire entendre des autres professionnels de santé et à se faire sa place dans les hôpitaux. Ce métier a besoin de nouvelles idées, de nouvelles têtes, de nouvelles visions, de force de caractère, d’énergie pour pouvoir s’intégrer dans un rôle innovant et profitable pour le futur système de soins.

La qualité des connaissances et des compétences. Si le pharmacien veut se présenter comme un acteur de soin incontournable il est primordial qu’il démontre avant tout qu’il est digne de confiance en tant que professionnel de santé, qu’il possède des connaissances et des compétences solides qui lui permettent de prendre en charge efficacement et de façon sécurisée les patients.

La volonté d’incarner un rôle de docteur et non de vendeur. Si le pharmacien souhaite se contenter d’effectuer la tâche d’un vendeur de parfum il finira par être remplacé par un vendeur de parfum. Il est très attrayant de vouloir exploiter au maximum le profil de commerçant du métier à des fins mercantiles mais cela se fait forcément au détriment de nos missions de professionnel de santé. C’est pour cela que les pharmaciens de demain doivent à tout prix posséder une intégrité, une éthique et un altruisme à toute épreuve.

Des qualités humaines et relationnelles ! Même si le pharmacien est souvent plongé dans ses livres d’interactions et dans ses stocks de médicaments il ne faut jamais perdre de vue que c’est l’esprit qui fait la vie. Dispenser avec qualité des médicaments est nécessaire mais non suffisant. Chaque patient doit pouvoir bénéficier dans son parcours de soins d’un interlocuteur à son écoute, bienveillant, confident, de confiance et sans jugement.

Je pense tout avoir abordé dans les différentes questions, n’hésitez à revenir vers moi s’il y a certains aspects que vous aimeriez que je développe davantage.

Merci à eux ♡

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A.E.S.G

UFR de Medecine et Pharmacie

Domaine de la Merci

38 700 La Tronche