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A.E.S.G

UFR de Medecine et Pharmacie

Domaine de la Merci

38 700 La Tronche

RÉFORME R1C 2020 : SUPPRESSION DU NUMERUS CLAUSUS ET DE LA PACES

 

Introduction

 

  Depuis la rentrée 2010-2011, la première année commune aux études de santé (PACES) réunit la formation initiale de différentes professions de santé que sont la médecine, la pharmacie, l’odontologie et la maïeutique. Elle permet également d’accéder à d’autres formations paramédicales, telles que masseur-kinésithérapeute.
Si la PACES est ouverte à tous les bacheliers, l’entrée en seconde année est, elle, implacable. Dans la grande majorité des facultés, les étudiants doivent passer 2 concours (ou des contrôles continus dans certaines facs). Le nombre de candidats admis à passer en deuxième année est fixé par un numerus clausus établi chaque année par le gouvernement.

  Depuis sa création, la PACES fut largement décriée : année stressante, bachotage à outrance, sélection sournoise et impitoyable, sacrifices, absence de vie sociale, dégoût des études, gâchis humain… La liste est longue. Très attendue, la fin de la PACES et du NC est aujourd’hui actée. Dès la rentrée 2020, tous deux vont disparaître pour laisser place à un nouveau système d’accès aux études de santé.

  En décembre 2018, le groupe de travail piloté par le professeur Jean-Paul Saint-André, ancien président de l'université d'Angers, publie son rapport Refonte du premier cycle des études de santé pour les "métiers médicaux" - Suppression du Numerus Clausus et de la PACES. Celui-ci dévoile les formations qui remplaceront la PACES.

Ce rapport est consultable en ligne via le lien suivant : http://www.enseignementsup- recherche.gouv.fr/cid137245/refonte-du-premier-cycle-des-etudes-de-sante-pour-les- metiers-medicaux.html

 

 

Les objectifs de cette réforme du premier cycle sont multiples :

  • Mettre en place une orientation plus progressive et moins stressante pour les étudiants.

  • Permettre la diversification des profils des étudiants admis dans une des filières de santé.

  • Prendre en compte la personnalité et les aptitudes relationnelles des étudiants dans la sélection des futurs professionnels de santé.

 

 

 Les différentes voies d’accès aux filières de santé

 

  La réforme portera principalement sur l’accès aux filières MMOP (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie). Six formations paramédicales (infirmier, masseur-kinésithérapeute, orthophoniste, psychomotricien, orthoptiste et audioprothésiste) seront aussi, a priori, concernées par la réforme. Ceci étant encore flou, nous nous concentrerons ici sur les quatre filières MMOP.

 

  L’accès aux différentes filières de santé citées ci-dessus se fera par un premier cycle commun d'une durée de trois ans, visant à orienter progressivement les étudiants dans les différentes filières de santé en fonction de leur choix et de leurs résultats scolaires. La première année sera accessible à tous les bacheliers sans exception, via la plate-forme Parcoursup. De plus, l’étudiant aura toujours deux chances d’intégrer la filière souhaitée.

  Afin de diversifier le profil des étudiants, mais aussi pour permettre à chacun de se réorienter sans perdre de temps, le gouvernement prévoit, tout au long du premier cycle, plusieurs passerelles entre les formations médicales ou paramédicales.

  Le programme du premier cycle va également évoluer, afin d'intégrer l'évaluation des compétences humaines et relationnelles (compétences qui seront prises en compte pour l'internat de médecine dès 2022). Des partiels vont être mis en place, sur le modèle des autres cursus universitaires.

 

 

Intéressons-nous maintenant aux deux grandes voies d’accès aux filières MMOP

  1. Le Portail Santé

  La première voie d’accès aux études MMOP et à d’autres métiers de la santé sera le Portail Santé, une formation universitaire non-sélective accessible via Parcoursup. Il sera proposé uniquement dans les universités avec composante santé, et par la composante santé. Durant l’année du Portail Santé, les cours seront organisés en une majeure santé et une mineure « X». Cette dernière sera au choix de l’étudiant (physique-chimie, droit, psychologie, etc.).

  L'étudiant suivra des enseignements spécifiques aux quatre disciplines MMOP ainsi que des cours préparant à la poursuite d'études dans d'autres formations de premier cycle de l'université et qui seront fonction de la mineure X choisie par l’étudiant. Un contrat pédagogique sera établi entre l'étudiant et la faculté afin de préciser la (les) filière(s) MMOP à laquelle (auxquelles) l’étudiant souhaite candidater, et la (les) autre(s) formation(s) de premier cycle dans laquelle (lesquelles) il souhaite poursuivre ses études en cas d'échec.

 

  L’admission dans une des filières MMOP se fera en 2 grandes phases : une première d’admissibilité et une deuxième d’admission. Le déroulement de l’année du Portail santé sera proche de celui d’une L1. Les étudiants auront tout au long de l’année des partiels sur les différents cours qu’ils auront suivis.

 

  A la fin de l’année, le dossier universitaire de l’étudiant sera examiné. Si les critères d’admissibilité sont remplis (validation de 60 ECTS, moyenne générale supérieure à un certain seuil…), le candidat sera « admissible » et devra passer des épreuves d’admission écrites et/ou orales. En fonction des résultats, il pourra intégrer le diplôme de formation générale (DFG2) de la filière MMOP de son choix (2ème année de médecine, 2ème année de pharmacie, de maïeutique, etc.).

 

  Si l’étudiant échoue à l’examen d’admission, mais qu’il a tout de même eu des notes suffisantes pour valider son année universitaire, il pourra rejoindre une L2 proposée par son université. Cette dernière sera fonction du contrat pédagogique mentionné précédemment. L’étudiant pourra notamment accéder à une L2 à « mineure santé » proposée par sa faculté, afin d’avoir une seconde chance de passer l’examen d’admission pour les filières MMOP (à condition de remplir les critères d’admissibilité). Ces licences à mineure santé constituent la seconde grande voie d’entrée dans les filières MMOP. Elles seront évoquées dans la deuxième partie du document.

 

  Si l’étudiant n’a pas la moyenne, il devra redoubler l’année du Portail Santé, mais n’aura pas le droit retenter la passerelle vers les filières MMOP pendant la deuxième année du portail. Il devra d’abord valider son année et rejoindre une L2 à l’issue de laquelle il pourra repasser l’examen.

 

  En résumé, ce portail santé permet un accès aux études MMOP, un accès à d’autres métiers de la santé, et un accès à d’autres poursuites d’études en L2.

 

  Cette voie est conseillée à des étudiants se destinant au domaine de la santé et/ou qui hésitent entre différentes filières MMOP, ou entre les filières MMOP et d’autres métiers de la santé.

© MESRI

 

Simulation ?

 

  1. Les licences à « mineure santé »

  Les licences universitaires à mineure santé permettront une candidature aux filières MMOP, et éventuellement à certaines filières paramédicales.

 

  Cette possibilité peut être ouverte dans toute université, avec ou sans composante santé. Si l’université concernée n’a pas de composante santé, elle a une convention avec une université avec composante santé, définissant les conditions de candidature et le nombre minimal de places offertes pour chaque portail de licence concerné.

  Pour chaque année de licence (L1, L2, L3), des passerelles seront mises en place pour permettre à ceux qui le souhaitent de candidater pour une filière MMOP.

  En plus de ses cours habituels, l’étudiants suivra des unités d'enseignements spécifiques à la santé. Le mode d’admission en MMOP suivrait le même modèle que celui du Portail Santé : une phase d’admissibilité basée sur le dossier universitaire, puis une phase d’admission.

  Quelques critères d’admissibilité ont été proposés dans le rapport Saint-André : la validation en un an de 60 ECTS, possiblement la validation additionnelle d’unités d’enseignement constituant une mineure santé, ainsi que des critères d’admissibilité supplémentaires (par exemple avoir validé l’année de licence en première session, avoir plus de 12 de moyenne et/ou un examen du dossier selon certains critères pré établis et connus des étudiants.)

 

  Pour les étudiants qui remplissent ces critères, des épreuves d’admission écrites et/ou orales seront organisées.

Si l’étudiant est admis dans une des filières MMOP, il poursuit en DFG2. Sinon il poursuit en L2 ; il pourra à nouveau candidater en fin de L2 ou de L3 s’il remplit les conditions d’admissibilité.

 

  Toutes les licences ne permettront pas forcement une candidature dans toutes les filières : par exemple, possibilité de candidater en médecine et maïeutique à partir d’une L1 de psychologie, mais en pharmacie à partir d’une L1 de chimie.

Certaines de ces licences pourraient aussi être des voies d’accès à des formations de santé autres (kinésithérapie, ergothérapie, etc.)

 

  Cette solution est particulièrement conseillée à :

  • Des étudiants souhaitant débuter leurs études dans une université sans composante santé.

  • Des étudiants hésitants entre une filière MMOP et un projet d’études dans une autre filière (exemple : pharmacien ou ingénieur ; sage-femme ou psychologue ; médecin ou juriste ; dentiste ou informaticien).

 

© MESRI

Simulation ?

 

 

  Les deux schémas suivants résument les différentes voies d’admission dans les filières MMOP.

Des passerelles permettront à certains d’étudiants d’entrer directement en 3ème année de la filière MMOP choisie.

 

 

 

 

 

© MESRI

© MESRI

 

 

Une sélection qui persiste

   Les étudiants doivent être prévenus : les filières MMOP resteront sélectives. Les facultés ayant des capacités limitées, il est d’ailleurs probable que le nombre de futurs professionnels formés n’augmente pas énormément à partir de la réforme. Le nombre d’étudiants autorisés à passer en 2ème année d’étude de santé sera défini régionalement. Les agences régionales de santé et les facultés définiront ensemble des quotas d'étudiants admissibles, en fonction des capacités d’accueil et des besoins territoriaux en professionnels de santé.

 

 

 Encore beaucoup d’inconnues

 

  Nous n’avons encore aucune information sur les programmes de cours du Portail Santé et des mineures santé. De même, les modalités d’admissibilité et d’admission des étudiants en MMOP n’ont pas encore été clairement définies.

Concernant les quotas : il a pour l’instant été établi que sur tous les étudiants admis en 2ème ou 3ème année d’études de santé, 60% seront issus du portail santé contre 40% pour les licences universitaires. En revanche, les quotas pour chaque filière MMOP et pour chaque licence restent à ce jour inconnus.

 

  En résumé, aucun élément portant sur les programmes du Portail Santé ou de la mineure santé, sur les modalités de sélection des étudiants, sur les moyens financiers donnés aux universités afin de pouvoir assumer ce changement de flux d’étudiants, n’est connu.

 

 

Quelques idées reçues

  -  “Ce sera plus simple après la réforme lorsqu’il n’y aura plus de numerus clausus”

 

  Au vu des capacités de formation actuelles des différentes facultés de France, il est fort probable que le nombre de futurs professionnels de santé formés n’augmente que très peu. Encore une fois, le numerus clausus est un outil, changer le moyen de réguler les professions de santé ne signifie pas ne plus devoir sélectionner à l’entrée de ces études.

La sélection sera donc toujours présente à l’entrée des études de santé.

 

 

  -  “Remplacer une PACES par 3 ans de licence c’est encore pire”

 

  Non ! Ce fut une des propositions qui a pu émerger lors de l’été dernier mais le Ministère l’a affirmé : ils n’ont pas retenu cette option ! La licence santé ne sera donc pas mise en place et l’ANEMF y restera vigilante ! Il est inconcevable de remplacer la PACES par un système encore plus anxiogène !

La réforme ne rallongera pas les études de santé !

 

 

  -  “Les jeunes ne comprendront rien à la réforme, c’est trop compliqué”

 

  Les études de santé sont fondamentalement compliquées et pourtant nous sommes aujourd’hui capables de les expliquer et de les faire comprendre. Bien évidemment, comme tout changement, celui-ci demandera une communication forte de la part de tous les acteurs, ainsi qu’un accompagnement des lycéens. Les associations étudiantes et particulièrement les associations de tutorat ont toujours su relever le défi de l’orientation, il n’y a pas de raison que cela change.

Une information claire et transparente de la part de tous les acteurs permettra à tous de comprendre cette réforme.